L’essentiel
- Capturez tout le contexte : le message, le profil et l’adresse de l’expéditeur, la date et l’heure.
- Tenez un journal simple de chaque épisode ; la répétition est souvent ce qui caractérise le harcèlement en droit.
- Sauvegardez les preuves hors de la plateforme avant de bloquer ou de signaler.
- Signalez à la plateforme et, en cas de menaces ou de harcèlement répété, à la police.
Insultes dans vos messages, faux compte à votre nom, menaces sous vos publications, photos privées diffusées : le cyberharcèlement peut vous suivre partout, toute la journée. Plateformes et police peuvent agir, mais elles ont besoin de preuves. Le problème : une capture recadrée est facile à contester et une publication supprimée disparaît. Voici comment constituer un dossier difficile à écarter.
1. Capturez chaque message correctement
- Faites des captures qui montrent le message, le nom ou pseudo de l’expéditeur, la date et l’heure.
- Capturez le profil de l’expéditeur et copiez son adresse ou son identifiant : les noms changent, les identifiants rarement.
- Pour les publications et commentaires, copiez le lien de la publication et capturez-la dans son contexte (la publication à laquelle elle répond).
- Pour les messages vocaux ou vidéos, enregistrez le fichier lui-même, pas seulement une capture.
- Ne recadrez ni n’annotez l’original ; faites une copie si vous voulez surligner quelque chose.
2. Tenez un journal
Dans de nombreux pays, le harcèlement se définit par la répétition et ses effets sur vous. Un journal rend le schéma visible : date, heure, plateforme, ce qui s’est passé, lien vers la capture, et l’effet sur vous (peur, absence au travail, sommeil). Restez bref et factuel. Notre guide /fr/blog/rediger-une-declaration-des-faits/ explique le ton à adopter.
3. Sauvegardez et protégez les preuves
Enregistrez des copies hors de l’app (sur votre appareil et dans une sauvegarde) avant de bloquer, de signaler ou de quitter un groupe : vous pourriez ensuite perdre l’accès aux messages. Une preuve est plus crédible quand vous pouvez montrer qu’elle n’a pas été modifiée. Chameleon AI calcule l’empreinte de chaque fichier ajouté, le chiffre sur votre appareil et tient une chaîne de traçabilité, pour montrer que le fichier est bien celui que vous avez enregistré (voir /fr/blog/preuve-numerique-empreinte-sha256/).
Dans certains pays, un commissaire de justice (huissier) ou un notaire peut faire constater un contenu en ligne. C’est payant mais très difficile à contester devant un tribunal. Pensez-y pour les cas graves.
4. Protégez-vous
- Passez vos comptes en privé, limitez qui peut vous écrire ou vous identifier, et filtrez les commentaires par mots-clés.
- Bloquez et masquez, après avoir sauvegardé les preuves.
- Changez vos mots de passe et activez la validation en deux étapes si vous pensez qu’un compte a été piraté.
- Ne répondez pas aux provocations : cela alimente le harceleur et peut être retourné contre vous.
5. Signalez
Signalez chaque compte et publication à la plateforme, dans les catégories harcèlement ou usurpation d’identité. En cas de menaces, de diffusion d’images intimes, de publication de votre adresse ou de harcèlement qui continue, portez plainte auprès de la police ou du service national de cybercriminalité avec votre journal et vos preuves (voir /fr/blog/signaler-une-arnaque-en-ligne/ et /fr/blog/comment-porter-plainte/). S’il s’agit d’images intimes, voir /fr/blog/sextorsion-chantage-que-faire/.
Prenez soin de vous
Le cyberharcèlement est une vraie violence, même à travers un écran. Parlez-en à des personnes de confiance, laissez quelqu’un surveiller vos comptes un temps si cela aide, et contactez les associations de soutien de votre pays.
Questions fréquentes
Les captures d’écran sont-elles acceptées comme preuves ?
En général oui, surtout avec les liens, un journal et les fichiers d’origine. Leur poids augmente quand vous pouvez montrer qu’elles n’ont pas été modifiées et quand la plateforme ou un constat les confirme.
Le harceleur a supprimé les messages. Est-il trop tard ?
Pas forcément. Vos captures comptent toujours, et la police peut demander les données aux plateformes, qui les conservent un certain temps. Signalez vite.
Et si je ne sais pas qui est derrière le compte ?
Vous pouvez quand même signaler et porter plainte contre X. Les plateformes peuvent suspendre les comptes anonymes, et la police peut demander les données d’identification par voie légale.
Informations générales pour vous aider à vous organiser, pas un conseil juridique. Les procédures et les numéros peuvent changer : confirmez-les auprès du service concerné et, en cas de danger, appelez d’abord le numéro d’urgence local.