L’essentiel
- Notez chaque épisode le jour même : date, mots, témoins, effet sur vous.
- Gardez e-mails et messages sur un appareil personnel, dans la mesure où vous avez le droit de les copier.
- Alertez RH, un responsable de confiance, les représentants du personnel ou l’inspection du travail, par écrit.
- Consultez un médecin : votre santé est aussi une preuve, et la priorité.
Le harcèlement au travail peut être sexuel (remarques non désirées, attouchements, pressions pour obtenir des faveurs sexuelles) ou moral (humiliations répétées, isolement, charge de travail impossible, insultes). Il vient souvent de quelqu’un qui a du pouvoir sur vous, ce qui rend la parole difficile. Dans la plupart des pays, l’employeur a l’obligation légale de le prévenir et d’y mettre fin. Au Maroc par exemple, le Code du travail range le harcèlement sexuel parmi les fautes graves de l’employeur, et le Code pénal le sanctionne. Pour faire valoir ces protections, il vous faut une trace claire.
1. Tenez un journal détaillé
Après chaque épisode, écrivez ce qui s’est passé, le jour même si possible :
- Date, heure et lieu.
- Exactement ce qui a été dit ou fait, mot pour mot si vous vous en souvenez.
- Qui était présent ou a pu voir ou entendre.
- Votre réaction et l’effet sur vous (peur, larmes, arrêt maladie, sommeil).
Les schémas comptent : une remarque isolée peut être minimisée, mais vingt épisodes documentés sur trois mois racontent autre chose. Notre guide /fr/blog/rediger-une-declaration-des-faits/ explique comment écrire des faits sans opinions.
2. Gardez les preuves
- E-mails, messages, messages vocaux, évaluations, plannings modifiés brusquement.
- Transférez ou enregistrez des copies sur un compte ou appareil personnel, dans la mesure où le règlement et la loi le permettent : ne copiez jamais de données confidentielles de l’entreprise auxquelles vous n’avez pas droit.
- Les noms des collègues qui ont vu ou subi des comportements similaires. Demandez-leur s’ils accepteraient de témoigner.
Enregistrer des conversations à l’insu des personnes est légal dans certains pays et illégal dans d’autres, et son utilisation en justice varie. Vérifiez la loi du pays où vous travaillez avant d’enregistrer qui que ce soit.
3. Alertez, par écrit
En interne : les RH, un responsable au-dessus du harceleur, le référent harcèlement ou éthique, les représentants du personnel ou un syndicat. Faites votre signalement par écrit (e-mail ou courrier), gardez une copie et demandez un accusé de réception. En externe : l’inspection du travail, l’organisme chargé de l’égalité ou de la lutte contre les discriminations, un avocat et, pour une agression sexuelle ou des menaces, la police (voir /fr/blog/comment-porter-plainte/).
4. Protégez votre santé
Consultez un médecin et dites-lui ce qui se passe au travail. Il peut prescrire un arrêt si nécessaire, et son dossier documente les conséquences. Les services de médecine du travail existent dans de nombreux pays et sont tenus au secret.
5. Prudence avec la démission
Avant de démissionner, demandez conseil. Dans certains pays, partir à cause du harcèlement peut être requalifié en licenciement abusif, mais seulement avec des preuves et la bonne procédure. Une réclamation écrite formelle (voir /fr/blog/rediger-une-mise-en-demeure-modele/) vient souvent d’abord.
Chameleon AI peut garder vos notes, mémos vocaux et captures pour chaque épisode, chiffrés sur votre appareil, à l’écart des appareils de travail contrôlés par votre employeur, et vous aider à bâtir une chronologie factuelle.
Questions fréquentes
Un seul épisode suffit-il pour signaler ?
Oui. Un acte grave unique, comme une agression sexuelle ou une menace, doit être signalé tout de suite. Pour des comportements répétés, signalez tôt aussi : inutile d’attendre une longue liste.
Mon employeur peut-il me sanctionner pour avoir signalé ?
Dans la plupart des pays, les représailles contre une personne qui signale un harcèlement de bonne foi sont interdites. Gardez la preuve de votre signalement et de tout changement de traitement ensuite.
Le harceleur est un client, pas un collègue. Est-ce que ça compte ?
En général oui. L’employeur doit habituellement protéger ses salariés du harcèlement des clients et fournisseurs aussi. Signalez-le de la même façon.
Informations générales pour vous aider à vous organiser, pas un conseil juridique. Les procédures et les numéros peuvent changer : confirmez-les auprès du service concerné et, en cas de danger, appelez d’abord le numéro d’urgence local.