L’essentiel
- Appelez d’abord votre banque : les premières heures sont la seule chance d’arrêter ou de rappeler un paiement.
- Gardez les preuves avant de bloquer l’escroc : captures, liens de profil, numéros, références de transaction.
- Signalez-le à la police ou au service national de lutte contre la fraude, et à la plateforme concernée.
- Méfiez-vous des services de « récupération » qui vous contactent ensuite : c’est en général une seconde arnaque.
Après une arnaque, beaucoup de victimes ont honte et ne disent rien. C’est exactement ce que les escrocs espèrent. Signaler vous aide (auprès de la banque et de l’assurance), aide la police à relier les affaires et fait fermer comptes et sites. Voici l’ordre qui fonctionne le mieux, où que vous soyez.
1. Appelez immédiatement votre banque
Si vous avez payé par carte, virement ou application de paiement, appelez le numéro d’urgence de votre banque maintenant, pas demain. Demandez le blocage de la carte, l’arrêt ou le rappel du virement et l’ouverture d’une contestation pour fraude. Un paiement par carte peut souvent être contesté ; un virement instantané est plus difficile, mais un appel rapide rattrape parfois l’argent avant qu’il soit retiré. Voir /fr/blog/fraude-carte-bancaire-que-faire/.
2. Gardez les preuves
Avant de bloquer l’escroc ou de supprimer quoi que ce soit, conservez :
- Des captures d’écran de toute la conversation, avec les dates, et du profil de l’escroc.
- L’adresse du profil ou de la page, les numéros, adresses e-mail et pseudos.
- L’annonce, l’adresse du faux site et des captures de celui-ci.
- Les preuves de paiement : relevés, identifiants de transaction, adresses de portefeuille crypto.
Notre guide /fr/blog/cyberharcelement-recueillir-des-preuves/ explique comment capturer des messages pour qu’ils restent utilisables comme preuves. Vous pouvez aussi tout regrouper en un seul incident dans Chameleon AI, avec empreinte et chiffrement sur votre appareil.
3. Signalez-le au service officiel de votre pays
La plupart des pays ont une plainte de police et un service en ligne dédié à la fraude sur internet. Quelques exemples :
- États-Unis : la FTC sur ReportFraud.ftc.gov, et l’Internet Crime Complaint Center du FBI (IC3.gov) pour la cybercriminalité.
- Royaume-Uni : Report Fraud (reportfraud.police.uk), qui a remplacé Action Fraud en décembre 2025 pour l’Angleterre, le pays de Galles et l’Irlande du Nord ; en Écosse, appelez Police Scotland au 101.
- France : la plainte en ligne THESEE pour les escroqueries sur internet, via service-public.fr ; les contenus illicites se signalent sur PHAROS.
- Canada : le Centre antifraude du Canada, et la police locale.
- Maroc : la plateforme E-Blagh de la DGSN (e-blagh.ma) pour la fraude en ligne, la sextorsion et les contenus illicites, ou une plainte au commissariat ou auprès du procureur du Roi.
Si votre pays n’y figure pas, cherchez le site de votre police nationale ou de la protection des consommateurs, et portez plainte au commissariat. Voir /fr/blog/comment-porter-plainte/.
4. Signalez-le à la plateforme
Signalez le profil, l’annonce ou la page sur la plateforme concernée : site d’annonces, réseau social, messagerie, site de rencontre. Les plateformes peuvent supprimer des comptes et parfois transmettre des données à la police. Signalez aussi les e-mails et SMS d’hameçonnage : de nombreux opérateurs acceptent le transfert des SMS frauduleux (le 33700 en France, par exemple).
5. Sécurisez vos comptes
Si vous avez donné des mots de passe ou des codes, changez-les, activez la validation en deux étapes et déconnectez les autres appareils. Si vous avez envoyé des papiers d’identité, surveillez l’usurpation d’identité (voir /fr/blog/perte-ou-vol-carte-identite-passeport/).
Après une arnaque, les victimes sont souvent contactées par des « experts en récupération » ou de faux policiers qui proposent de récupérer l’argent contre des frais. Les vraies autorités ne font pas payer une enquête. Ne payez pas.
Questions fréquentes
La police enquêtera-t-elle vraiment pour une petite arnaque ?
Toutes les plaintes ne mènent pas à une enquête, mais elles sont regroupées : de nombreux signalements contre le même compte ou site aboutissent souvent à une affaire. Votre plainte appuie aussi votre contestation bancaire et votre dossier d’assurance.
Puis-je signaler si l’escroc vit dans un autre pays ?
Oui. Signalez dans votre pays de résidence ; les affaires transfrontalières sont partagées entre autorités. Signalez aussi à la plateforme, qui agit au-delà des frontières.
Combien de temps ai-je pour signaler ?
Les délais légaux sont en général longs (des années), mais les délais pratiques sont courts : contestations bancaires et rappels de paiement ont des limites de quelques jours à quelques semaines. Agissez au plus vite.
Informations générales pour vous aider à vous organiser, pas un conseil juridique. Les procédures et les numéros peuvent changer : confirmez-les auprès du service concerné et, en cas de danger, appelez d’abord le numéro d’urgence local.